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La royauté

Qui veut être roi ? Ou l'histoire d'un sort peu enviable



 - Désigné souvent par contrainte le roi abandonnait sa famille et ses rizières pour s'installer sur le domaine royal, il pouvait fonder une nouvelle famille avec des femmes imposées par le conseil des anciens. Sa fonction lui interdisait d'avoir des contacts physique avec ses sujets. Il vivait donc reclu dans sa case et les villageois se tenaient toujours à distance. Toute femme touchée par le balai qui lui servait de sceptre lui appartenait, ces contacts  étaient considérés comme un adultère. Entretenu par son oncle et sa tante de l'autre lignage il ne pouvait manger, boire ou dormir en public. Les terres royales étaient cultivées par la collectivité villageoise et la chair des animaux  lui revenait de droit quand ils étaient offerts en sacrifice aux fétiches. Le rôle du roi était de garder et de servir les fétiches du territoire ancestral. Il demandait à la divinité deux éléments vitaux : la paix pour le village et la pluie nécessaire aux rizières. Aussi était-il appelé dans la région le roi de la pluie.

 -  Le sort du roi était peu enviable, et certains auraient certainement préféré prendre la fuite plutôt que de revêtir cette dignité. Cette fonction était dangereuse et apportait à son titulaire de graves inconvénients. Les diola le rendaient responsable de tous les résultats défavorables à leurs prières auprès du fétiche. Le malheureux pouvait être battu et perdre la vie si une calamité s'abattait sur le groupe. Aussi les candidats à cette fonction étaient rares et l'élu des anciens était souvent intronisé à son corps défendant.


 - L'une des royauté la mieux connue est celle d'Oussouye. À l'origine le desservant du fétiches claniques "elenkin" était choisi dans un quartier du village. À la suite d'une guerre, deux familles originaire d'un village voisin se présentèrent à Oussouye pour solliciter asile et protection. Les lignages donnèrent leur accord mais imposèrent en contrepartie l'obligation héréditaire de fournir le roi pour desservir les fétiches. Les nouveaux arrivants acceptèrent. Le roi fut donc choisi par les anciens du quartier où se trouvait le fétiche clanique. Initié à ses nouvelles fonctions par les vieux, il fut ensuite présenté au peuple avec un nouveau nom. Considéré comme un personnage dangereux en raison de son intimité avec les fétiches, le roi vécu isolé. Ses successeurs ne purent se marier et s'abstenir de tout rapport sexuel. Ils ne purent ni manger ni boire en public. C'est interdit coûta la vie au roi Sihalebe. en 1903 arrêté par les Français il fut emmené à Sédiou et incarcéré au centre administratif de la Casamance avec d'autres prisonniers, il se laissa mourir de faim devant ses gardiens stupéfait.


 - Le sort des roi d'oussouille s'améliora quand apparut à la fin du XIXe siècle un nouveau fétiche : Jananande. Il est difficile de dater cet événement. Huit rois se sont succédé depuis l'arrivée des familles réfugiées à Oussouye. Jananande est apparut vraisemblablement sous le règne de Aumuselle Jabone prédécesseur de Sihalebe il contribua à donner au roi un caractère sacré qui fit de lui, un élu de la divinité. Ainsi Jananande devint le génie du lignage royal et en même temps dans le protecteur de la communauté Floup d'Oussouye. Grâce à lui, le roi ne fut plus seulement le desservant des fétiches claniques mais l'intermédiaire entre la collectivité et le fétiche du lignage royal. Son pouvoir s'en trouva accru et lui permit de ne plus être une éventuelle victime. La sévérité des interdits s'atténua. Le roi pu se marier et chaque quartier dû lui donner une épouse. Les rizières royales furent travaillées et leurs récoltes utilisées en période de famine et à l'occasion des grandes fêtes de la circoncision. Aujourd'hui, le roi d'Oussouye préside toujours au sacrifice vêtu d'un manteau rouge ils porte sur son crâne rasé un bonnet de même couleur. Il est toujours interdit de le voir manger et boire.

 - Il existait près d'Oussouye d'autres rois qui exerçaient à peu près les mêmes fonctions.