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Histoire

Préambule

       Commençons par quelques conventions: vous trouverez souvant dans la littérature consacrée à la casamance le mot "joola", il s'agit simplement du mot "diola" revu et corrigé par les linguistes, les mêmes qui nous font dire depuis des décennies "Kadafi" alors que la prononciation la plus proche sans toutefois être tout à fait  exacte serait "Radafi".  Plus près de nous à Kafountine un centre de formation pour jeunes filles a été baptisé "Satang JABANG" une femme karone (Satang DIABANG) qui a beaucoup lutté pour la cause des femmes au siècle dernier. Par contre en regardant les cartes d'identité nationale sénégalaise de la famille toutes sont enregistrées au nom de "Diabang". Mais celà n'a que peu d'importance,  sauf peut-être pour le  touriste qui se rend au marché pour acheter des légumes et qui demande du "jaxatu" (sorte de petite aubergine amère) comme indiqué dans les livres, les marchandes seront pliées de rire, par contre

 en disant"diaratou" il sera compris de tous.

 Donc tous les noms qui vont suivre seront écrits phonétiquement pour les francophones.

Histoire succincte de la casamance (extraits du livre de Christian Roche)

Les Baïnouks, premiers habitants de Casamance.

        Vers le XV eme siècle, les baïnouk formaient autrefois un état considérable, ils occupaient en effet la plus grande partie des territoires compris entre la Gambie et le rio cacheu (guinée bissaü) et se trouvaient par conséquent à cheval sur la Casamance où ils occupaient  la majorité  des rives.

Leur origine est encore très mal connue mais les traditions locales sont unanimes pour dire qu'ils constituent le peuplement le plus ancien de la Casamance. Comme la plupart des peuples vivants  sur la côte occidentale de l'Afrique les Baïnouks affirment que leurs ancêtres sont venus de l'Est chassés par les malinkés du Gabu qui ont obligé un de leurs grand roi "Gana sira bana" à venir s'installer dans la Casamance actuelle. Tous les vieux baïnouks relatent l'histoire de Gana sira Bana qui semble être leur dernier grand conquérant.

Les circonstances de sa mort sont étranges et forment l'essentiel des récits des anciens.

Le roi aurait été victime d'un complot ourdi par des sujets mécontents de sa cruauté et décidèrent de le supprimer. les conjurés préparèrent  une trappe couverte d'une natte et de sable sur laquelle ils placèrent le fauteuil royal puis ils organisèrent une fête grandiose où ils invitèrent leur souverain. Gana sira Bana tomba dans le piège et mourut lapidé par ces assassins. Avant de mourir, il maudit son peuple et lui prédit son déclin et sa disparition inéluctable. En effet le XVIIIe siècle fut celui du déclin, tous les royaumes baïnouk furent harcelés par les diolas à l' ouest, les malinkes à l'est et les balantes au sud, ces derniers détruisirent le dernier vestige de la puissance kasanké en incendiant la capitale brikama vers 1830. Maintenant que le royaume de Casamance n'existe plus les cassas sont réduits à habiter quelques villages du côté de san domingo les kassangués qui habitaient plus au nord ont été expulsés ou biens ont fui devant les Balantes . vers 1850 les baïnouks etaientsur le point d'évacuer le buje largement occupé par les malinkés islamisés

Les Diolas

       Sur la rive sud de la Casamance on trouve près de l'embouchure les "floupes", la région actuelle de Djembéring,

les "diamat" près de Efok et youtou, les "diolas haer" région de Kabrousse, les "bayots" au sud de Ziguinchor. Sur la rive nord, les "Blis Karone" et les "diola du fogni". Les diola seraient venus du sud, il n'est pas interdit d'imaginer que les diolas soient effectivement venus de là après avoir emprunté les Rio guinéens ils ont probablement longé les côtes ce qui expliquerait une certaine forme de

parenté avec le Serere que certains contestent. Nous devons reconnaître que l'origine des diola reste encore un mystère.

Origine des Karones (Par Simon Sambou)

       Les Karones sont venus de Kathiew en Guinée Bissau, ils se sont d'abord installés dans le Kassa (région de Oussouye) puis sont remontés dans le blouf notamment à Kabiline et Mlomp et de là, par pirogue, ils ont occupé les îles Karones actuelles

L'expédition Française contre les Karone de Hillol et Thionk

        A la suite de nombreuses exactions commises par les Karones sur les comptoirs commerciaux situés sur le fleuve Casamance une expédition avait été décidée pour janvier 1860 mais une épidémie ayant éclaté à Karabane, elle fut ajournée au mois de mars. Le 6 mars

à neuf heures du matin une colonne expéditionnaire composée de 800 hommes et de deux obusiers de montagne quitta Gorée près de Dakar sur une flottille comportant cinq avisos à vapeur et une citerne flottante. Dirigée par Pinay-Laprade, elle arriva le lendemain à carabane.

 Le 8, à quatre heures du matin, la flottille pénétra dans les marigots conduisant  chez

les Karones et le 9 à midi après une navigation très difficile, les navires vinrent s'embosser devant le débarcadère de Hillol, le village Karone le plus important, il était situé à un kilomètre du mouillage et protégé par une ligne de marais couverts de palétuviers au bord de la plage sur une profondeur de 300 mètres.

Traces de balles sur le tronc d'un ronier sur les lieux du débarquement (flèches rouges)

        Les Karones pouvaient tirer parti pour leur défense des rizières profondes qui séparaient les marais du village. Le débarquement eu lieu sans difficulté grace à l'appui de l'artillerie de la marine, mais une fois arrivés dans les rizières, les assaillants essuyèrent un feu nourri des Diolas cachés derrière les arbres. Le village fut malgré tout encerclé et incendié et un détachement de tirailleurs sénégalais délogea les défenseurs qui s'étaient réfugiés à l'arrière dans un bois. les pertes furent nombreuses parmi les Karone et le fils du roi fut mortellement blessé. les Français déplorèrent deux morts dont un officier et 23 blessés. La population en fuite se réfugia dans un bois d'épineux particulièrement impénétrable dont eux-seuls connaissaient les voies d'accès, ce bois existe toujours  il est sous la protection du fétiche "Kulink". La colonne razzia  une centaine de boeufs est une trentaine de chèvres.Le 10 au matin, la flottille appareilla pour se rendre dans le marigot de Diourout afin d'attaquer le village de Thionk. Alliés aux Français, les Boulouf prétèrent de nombreuses pirogues pour faciliter le débarquement des troupes. Le soir, la troupe bivouaqua près du village de Tendouk, à l'aube elle se dirigea vers Thionk qui fut pris et livré aux flammes. Comme à Hillol, 200 boeufs, 150 chèvres et de nombreux approvisionnements en riz furent emmenés.